Redécouvrir la joie : Neurodivergence et la face cachée de l'anhédonie
- Lætitia

- 17 avr. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 juil. 2025
Dans un monde qui assimile souvent le bonheur à la productivité et à l'excitation visible, de nombreuses personnes neurodivergentes luttent discrètement contre un problème émotionnel moins connu : l'anhédonie. Si vous avez déjà ressenti un manque de vitalité émotionnelle, une déconnexion de la joie ou l'incapacité d'apprécier les choses que vous aimiez auparavant, vous n'êtes pas le seule.

Cet article explore la façon dont l'anhédonie affecte spécifiquement les personnes autistes, TDAH, HSP/empathiques, surdouées et autres neuroatypiques - et comment une prise de conscience et des stratégies adaptées peuvent aider à retrouver le chemin du sens et du plaisir.
Qu’est-ce que l’Anhédonie ?
L’anhédonie est la diminution ou la perte de la capacité à ressentir du plaisir, de l’intérêt ou de la satisfaction dans des activités autrefois appréciées. C’est un symptôme central de la dépression majeure, mais on la retrouve aussi hors des contextes cliniques, notamment chez les personnes neuroatypiques.
Elle peut se manifester par :
Anhédonie sociale : repli sur soi, perte d’intérêt pour les interactions
Anhédonie physique : perte de plaisir dans les sensations (alimentation, toucher, musique…)
Engourdissement émotionnel : platitude générale, perte de motivation
Blocages créatifs : coupure de l’inspiration et de l’élan intérieur
Ce n’est pas « juste une phase » : l’anhédonie peut profondément affecter l’identité, les relations, et le sentiment de sens — surtout lorsqu’elle s’entrelace avec le fonctionnement émotionnel unique des personnes neurodivergentes.
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Neurodivergence & Anhédonie : Corrélations Clés
Chaque profil neuroatypique comporte des sensibilités et des rythmes émotionnels particuliers. Sous stress prolongé, cela peut évoluer en anhédonie. Voici comment :
Trouble du Spectre Autistique (TSA)
Dysrégulation sensorielle : les personnes autistes vivent souvent des surcharges ou une sous-stimulation sensorielle. Le plaisir devient alors difficile à ressentir ou trop intense.
Alexithymie : difficulté à identifier et exprimer ses émotions, ce qui peut masquer ou renforcer l’anhédonie.
Épuisement social : le “masquage” permanent et les performances sociales conduisent à un burnout autistique, réduisant drastiquement l’accès à la joie ou à la créativité.
Exemple : Une personne abandonne un loisir qu’elle aimait, non pas par désintérêt, mais parce que cela lui demande trop d’effort sensoriel ou émotionnel.
TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité)
Dysfonctionnement dopaminergique : le cerveau TDAH traite mal la dopamine, influençant directement la motivation et le plaisir.
Hyperfocalisation et chute de récompense : un enthousiasme intense peut basculer soudainement en ennui ou platitude émotionnelle.
Dysphorie de sensibilité au rejet (RSD) : la peur du rejet ou de l’échec peut inhiber la recherche de plaisir.
Exemple : Une personne entame de nombreux projets avec passion, mais s’en désintéresse rapidement, se sentant vide une fois la nouveauté passée.
Personnes Hautement Sensibles (HSP) / Empathes
Surcharge émotionnelle : traiter en continu les émotions des autres épuise le système nerveux, coupant l’accès à ses propres sources de joie.
Absorption émotionnelle : une grande empathie peut mener à un épuisement émotionnel, nourrissant l’apathie.
Exemple : Une personne sensible évite les sorties sociales, non par désintérêt, mais parce que son système émotionnel est surchargé et engourdi.

Personnes à Haut Potentiel / Surdouées
Dépression existentielle : la lucidité accrue face au monde pousse à remettre en question le sens de la vie, ce qui éloigne des plaisirs simples.
Perfectionnisme & exigences élevées : lorsque rien ne semble « assez bien », même les choses plaisantes perdent leur attrait.
Sursensibilités (OEs) : une intensité émotionnelle exacerbée peut mener à l'épuisement, masquant la joie.
Exemple : Un·e adolescent·e à haut potentiel peut briller en cours, mais ne retirer aucune satisfaction de ses réussites, rongé·e par le doute ou l’ennui existentiel.
Autres
CPTSD / Trauma : les traumatismes modifient les circuits cérébraux liés au plaisir et à la sécurité. Le cerveau peut associer le plaisir à un danger.
Dépression & anxiété : fréquemment présentes chez les neuroatypiques, elles anesthésient l’émotion et renforcent l’anhédonie.
Pourquoi c’est essentiel de comprendre ce lien
Reconnaître les formes spécifiques d’anhédonie chez les neurodivergent·es permet de :
Éviter les diagnostics erronés (ex. : confondre platitude émotionnelle avec paresse ou détachement)
Adapter les approches thérapeutiques aux besoins sensoriels et émotionnels
Rétablir l’espoir et l’estime de soi chez les personnes qui se croient “cassées” ou “anormales” parce qu’elles ne ressentent pas la joie “comme les autres”
🛠 Revenir à la Joie (À suivre...)
Très bientôt, dans les prochains articles, nous verrons comment :
Utiliser des outils corporels et somatiques pour réveiller les émotions
Intégrer des rituels dopaminergiques doux pour les TDAH et TSA
Mettre en place un self-care déculpabilisé pour les perfectionnistes et hypersensibles
Créer un journal de mini-plaisirs pour restaurer la sécurité intérieure

🤍 Pour conclure
Si vous avez l’impression d’avoir perdu votre étincelle intérieure : sachez qu’elle est toujours là.
Elle attend simplement de la sécurité, de la compassion, et du respect pour votre rythme et votre fonctionnement unique.
Le retour à la joie ne se fera peut-être pas en fanfare… Il se manifestera d’abord comme un murmure, une petite lueur dans un moment gris. Mais elle est réelle. Et elle grandit.
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